
Crédits : Le CLAVI – Club photo de Villeurbanne
Pour son rendez-vous annuel dédié au partage de ressources, la Ville a invité trois groupements d’employeurs, dont Sirac, à présenter leurs solutions de mise à disposition de personnel. Une complémentarité qui permettrait de couvrir l’essentiel des besoins RH du secteur associatif.
16ᵉ ville de France avec 160 000 habitants, Villeurbanne dispose d’un tissu associatif parmi les plus denses. On recense 3.300 associations actives qui réunissent 85.800 bénévoles et plus de 5.700 salariés. Un tel maillage est une richesse pour le territoire, mais les moyens sont notoirement limités.
Aussi la Ville veut stimuler les coopérations. Depuis 2016, elle organise la rencontre Mutualisons !, un rendez-vous annuel des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) autour du partage de ressources. Longtemps centré sur la question des locaux, l’événement a progressivement élargi son périmètre au matériel événementiel, en partenariat avec l’association Cagibig, à la formation des acteurs associatifs puis, depuis 2026, à la question des ressources humaines, avec l’arrivée des groupements d’employeurs (GE) au cœur des échanges.
« La thématique de l’emploi est importante », relève Mathieu Fortin, référent ESS et entrepreneuriat à la Ville et organisateur de Mutualisons ! « Nous avons identifié les problématiques et les besoins des associations villeurbannaises, selon leur taille et selon qu’elles emploient ou pas du personnel. La plupart ont des besoins de compétences dans tous les métiers support : accueil des publics, ressources humaines, comptabilité, fonctions administratives, communication. »
Tiers de confiance
Les associations employeurs sont minoritaires. Quand la solution ne peut pas venir des bénévoles eux-mêmes, elles se tournent vers des prestataires. Par exemple quand il s’agit de créer un site internet. Mais elles ont plus de réticences à se partager certains métiers, comme la comptabilité : la perspective de voir une personne travailler pour d’autres structures locales est perçue comme un risque de perte de confidentialité.
Or déléguer la prise en charge d’un salarié à un autre employeur peut libérer des marges de manœuvre. C’est là que le GE prend, selon lui, une dimension particulière : « Cet intermédiaire peut permettre d’aller plus vite vers une reconnaissance mutuelle du salarié mis à disposition, du GE qui le connaît suffisamment pour le recommander, et de la structure d’accueil qui peut s’appuyer sur son savoir-faire RH. Au fond, le GE n’est pas qu’un employeur, c’est un tiers de confiance. Cela change tout de la représentation qu’on se fait habituellement d’un prestataire. »
L’édition 2026 a remédié à cette méconnaissance. Trois employeurs spécialisés dans la mise à disposition de personnels ont été invités à partager leur expérience : Tous les possibles (GE des métiers de l’ESS), Engagés (entreprise à but d’emploi pour les habitants durablement éloignés de l’emploi) et Sirac (voir encadré).
Leurs différentes approches devaient inspirer aux structures de l’ESS des réponses aux situations qui leur sont propres. Cette complémentarité va nourrir la prochaine édition. « Nous inciterons les associations à venir témoigner, avec le GE qu’elles utilisent, des solutions qu’elles ont mises en place », prévoit Mathieu Fortin.
Le point de vue de Julie Frutoso,
Responsable Grand Lyon du GE Sirac
« Au fil du temps, notre GE a réussi à se diversifier. Le GE Sirac s’est d’abord tourné vers les métiers de l’insertion, grâce à notre partenariat avec les Missions locales. Notre approche du GE nous amenait à recruter leurs conseillers en insertion professionnelle (CIP). La demande est ensuite venue du secteur médico-social : les métiers du soin et de l’accompagnement, notamment en protection de l’enfance. Nous intervenons là où est le besoin.
Le GE Sirac sait répondre aussi bien à des besoins de compétences à temps plein qu’à temps partiel, et c’est cette souplesse qui fait notre force. Nos consultantes interviennent majoritairement sur des postes à temps plein, mais nous savons aussi construire des solutions à temps partiel quand la situation le demande.
Nous pouvons ainsi accompagner une personne sur une activité stable deux jours par semaine, un poste administratif par exemple, pour lui permettre d’exercer en parallèle un métier passion. Je pense à une salariée embauchée comme comptable, qui est par ailleurs professeure de yoga. Certains candidats souhaitent cumuler plusieurs activités. D’autres recherchent un poste complet au sein d’une même structure. Notre intervention s’adapte à tous les cas de figure.
Nous sommes aujourd’hui bien référencés dans le secteur médico-social, grâce à notre présence dans les deux Savoies et en région lyonnaise. Nous avons développé un savoir-faire qui nous permet aussi bien d’accompagner des Ehpad de petite taille sur les métiers du soin ou des fonctions support, à temps plein comme à temps partiel, que de répondre à des besoins précis d’établissements appartenant à un groupe.
Sirac est choisie pour sa capacité à suivre les salariés durant près d’un an, voire plus, avant qu’un employeur ne reprenne leur contrat de travail. Cette période de mise à disposition est jugée sécurisante, tant par les structures que par les salariés. Les mises à disposition deviennent parfois cumulatives, à l’image de SOS Femmes : l’association s’était tournée vers les consultantes de Sirac pour recruter sa responsable administrative et financière et sa comptable. Deux ans plus tard, toutes deux ont été engagées par SOS Femmes. Deux nouvelles recrues portées par Sirac viennent de rejoindre l’effectif, sur des fonctions d’aide-comptable et d’assistant de formation. »
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