L’équipe RH ne se contente plus d’intégrer les réfugiés en entreprise : elle part à la conquête du marché locatif privé pour leur trouver un toit et stabiliser davantage leur situation personnelle. Essentiel, dans une stratégie globale d’emploi durable.
Hossain* a enfin son « chez-soi » dans le quartier historique de Paray-le-Monial. Le logement : un studio propret proposé par un particulier disposé à louer son bien à un réfugié, le sachant embauché par Sirac Saône-et-Loire. Ce signal apporte bien sûr une bouffée d’oxygène au jeune Afghan de 25 ans, arrivé seul en France il y a quatre ans. Mais il marque aussi les esprits de l’équipe de Sirac et de ses partenaires, habitués aux solutions d’hébergement temporaire, en foyer, attendant qu’un logement se libère dans le parc social.
« Depuis quelques mois, nous accédons au parc privé. Cette évolution est une vraie satisfaction », se réjouit Molly Pomarès, consultante RH. Plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, les garanties émises pour les réfugiés qu’elle recommande : « Tous ont un CDI », argue-t-elle. Mais précise :« Cependant, 7 fois sur 10, les réfugiés que nous recrutons n’ont pas encore une expérience suffisante du milieu industriel. C’est à nous de convaincre les entreprises de la leur accorder. »
Passée l’étape de la mise à l’emploi, cap sur un logement sûr. « Je visite l’appartement avec le futur locataire pour lui donner confiance », poursuit-elle,« m’entretiens avec le propriétaire s’il le souhaite, et suis présente à la signature du bail ». Dans le cas d’Hossain, le dirigeant de l’entreprise d’accueil a même tenu à adresser au propriétaire un avis flatteur sur le jeune ouvrier fondeur, pour appuyer son dossier.
Bouche à oreille
L’antériorité de Sirac en Saône-et-Loire porte ses fruits. Depuis 2023, l’équipe a noué des liens avec toutes les structures du département qui interviennent auprès réfugiés : associations, foyers, collectivités, services publics. Simultanément, elle s’est forgée un solide réseau de 12 entreprises susceptibles d’accueillir régulièrement des réfugiés. Les consultantes ont supervisé plus de 70 situations individuelles, depuis la mise en relation avec l’établissement jusqu’à la mise à disposition du salarié (engagé par Sirac) et son suivi dans le poste, durant plusieurs mois. Elles s’impliquent aussi sur tous les sujets connexes du quotidien, tels que le logement.
Cette gestion sur-mesure a fini par inspirer confiance. « Le bouche à oreille nous apporte parfois de bonnes surprises », confie Molly Pomarès : « Par exemple, les communautés de communes des différents bassins nous adressent des particuliers, eux-mêmes bénévoles associatifs, qui se disent prêts à loger les réfugiés que nous accompagnons. »
Sûres de l’intérêt de cette inclusion dans la vie locale, les consultantes ont déployé leurs antennes pour repérer de nouveaux logements. Après Paray-le-Monial, elles ciblent les environs de Cluny, Chalon-sur-Saône et Autun.
(*) : Le prénom a été changé.
Voir aussi
Semaine de l’intégration des primo-arrivants, visite de l’entreprise ITRON à Mâcon (vidéo)


