Embaucher des réfugiés coûte-t-il vraiment plus cher ? Une étude chiffre l’impact pour les entreprises industrielles

Etude d'impact économique et social
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Baptiste Dumas

Dirigeant SIRAC - Spécialiste de la mise à disposition de personnel qualifié à temps partagé

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L'essentiel
Une étude de Koreis évalue l’impact économique et social du dispositif Sirac auprès d’un échantillon d’entreprises industrielles partenaires. Comparé à l’intérim classique, le recours à Sirac génère une économie estimée à 27.000 euros par recrutement réussi, grâce à un taux de réussite nettement supérieur. Au-delà des chiffres : fierté des équipes, renforcement RSE, amélioration des pratiques d’intégration.
Une étude d’impact du cabinet Koreis établit qu’accompagner des salariés réfugiés peut s’avérer plus efficace que de déléguer les recrutements à l’intérim, si l’objectif est une intégration durable.

Jusqu’à 27.000 euros d’économies par recrutement réussi : c’est l’estimation qu’a faite le cabinet Koreis de l’accompagnement dans l’emploi, par Sirac, d’un salarié réfugié dans une entreprise partenaire. Un accompagnement qui demande plus de temps que les dispositifs habituels, mais dont les gains commencent à être mesurés.

Pour les entreprises industrielles qui peinent à recruter sur des métiers en tension, la recherche de solutions leur vient spontanément de l’intérim. Elles veulent trouver un gain de temps et de flexibilité. L’étude réalisée par Koreis, cabinet spécialisé en mesure d’impact social, vient suggérer qu’une ingénierie RH au service des réfugiés apporte de bien meilleurs résultats, dès lors que l’objectif est de proposer des emplois pérennes et de qualité.

Koreis a comparé deux stratégies de recrutement pour un même profil de poste dans une ETI de plus de 400 salariés. Pour cette entreprise, l’intervention de Sirac représente une dépense de 6.000 euros de plus que l’intérim classique (22.700 euros contre 16.700 euros, formation incluse). Mais le surcoût apparent disparaît dès qu’on intègre le taux de réussite. Car 2 recrutements intérimaires sur 3 se soldent par un départ. Côté Sirac, les 3 candidats sont restés en poste. Traduit en euros, l’écart devient une économie de 27.000 euros par recrutement pérenne.

Vertu du modèle

Le modèle de Sirac repose sur une mise à disposition modulable, sans limitation de durée, adossée à un suivi structuré : sourcing et préparation, en amont ; soutien à la motivation par l’embauche en CDI chez Sirac dès la prise de poste ; accompagnement social durant toute la mission, permettant de lever tous les freins périphériques à l’emploi.

Pour une personne réfugiée, l’embauche en CDI par SIRAC n’est pas neutre : outre une rémunération stable, ce contrat permet d’accélérer l’obtention d’un logement autonome et offre la possibilité d’emprunter auprès d’une banque pour financer un scooter, par exemple, ou bien des heures de conduite pour le permis B.

Les entreprises partenaires reconnaissent des contraintes : la barrière de la langue, les situations personnelles fragiles et les réticences internes à surmonter. Mais au bout de quelques mois, l’engagement des profils proposés prend le dessus. Les salariés se montrent fiables.

Gains extra-financiers

L’étude identifie plusieurs impacts non monétaires, jugés tout aussi structurants par les entreprises. Sans surprise, la concrétisation des objectifs RSE est mise en avant : un atout important pour leurs réponses aux appels d’offres publics. Mais l’étude souligne aussi un sentiment de fierté collective et une cohésion renforcée au sein des équipes, ce qui améliore les pratiques d’intégration pour l’ensemble des nouveaux entrants.

Koreis précise que ses conclusions ont une portée illustrative puisque son enquête s’applique à quatre entreprises partenaires et trois acteurs institutionnels (GEIQ Industrie, UIMM 71, DDETS de Saône-et-Loire). Au moins invitent-elles les entreprises à réviser leurs représentations.



« Pour les entreprises qui nous ont répondu, la rentabilité de l’embauche n’était pas l’enjeu »

Entretien avec Benoît Ploquin, directeur d’étude chez Koreis

Comment avez-vous abordé la mesure de l’impact de l’emploi de personnels réfugiés ?

Nous avons commencé par définir des hypothèses de travail avec Sirac, affinées grâce à des entretiens exploratoires auprès de quatre entreprises partenaires dans les secteurs de la menuiserie, des équipements électriques et des emballages métalliques. Ces entreprises avaient toutes en commun des difficultés de recrutement sur des métiers en tension. Nous nous sommes tournés également vers des acteurs institutionnels : le GEIQ Industrie, l’UIMM 71 et la DDETS de Saône-et-Loire.

Notre question centrale était la suivante : comment le recours à des personnes réfugiées pour occuper ces postes change-t-il concrètement le quotidien de ces entreprises ? Et comment monétariser ces effets ? Pour répondre, nous avons modélisé l’impact d’un partenariat avec Sirac en le comparant à la solution généralement la plus utilisée : l’intérim et l’intérim d’insertion. Nous avons examiné les coûts de recrutement, les coûts et la durée de formation, et les taux de réussite des mises à l’emploi.

Je précise que cette étude repose sur des données partagées et validées par les entreprises partenaires. Ses conclusions ne sont pas généralisables, mais sa portée illustrative est forte, car les impacts observés sont tangibles.

Quels enseignements en tirez-vous ?

Le premier enseignement, c’est que les entreprises qui ont accepté de se prêter au calcul économique n’y voyaient pas un enjeu. Même si le partenariat n’avait pas été rentable, financièrement parlant, elles auraient participé à l’étude, nous ont-elles dit, pour témoigner de la qualité de l’accompagnement de Sirac. Ce signal est en soi très fort.

Le partenariat s’avère économiquement avantageux dès lors qu’on prend en compte la durabilité des recrutements. Mais les bénéfices dépassent la seule dimension financière. Les entreprises retiennent en particulier la concrétisation de leurs objectifs RSE, la fierté ressentie par leurs salariés, et les retombées médiatiques. Ce sont des effets difficilement quantifiables, mais que les dirigeants considèrent comme aussi significatifs que les économies réalisées.

À propos de Koreis 

Spécialiste de l’évaluation de l’impact social conduite avec les outils de recherche en sciences sociales et de gestion, Koreis appuie les organisations dans la mise en place de dispositifs d’impact socio-économique et réalise des études d’impact sur tous les thèmes de l’intérêt général : handicap, éducation, insertion.

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